Tout savoir sur Tati : entre histoire et réalité

Fondée en 1948, par un jeune juif tunisien originaire de la Goulette Jules Ouaki et nommé Tati en référence au surnom de sa mère Tita, le pionnier du textile en France, a connu son heure de gloire. Jules Ouaki, a commencé avec un magasin de 50 m2, dans le quartier de Barbés, premier magasin en France de vente libre en vrac dans des bacs avec un prix très bas, ainsi, il a su concurrencer toutes les autres boutiques du textile.

Son heure de gloire

Avec son logo en vichy rose et blanc et son slogan « Tati les plus bas prix », personne n’a pu résister à ses modiques prix. Entre dans les années 70 et 80 Tati s’est développé, et a ouvert plusieurs boutiques en France (Nancy, Rouen, Lille, Marseille et Lyon) et 5 autres dans les DOM TOM.

Début des années 90, Tati se diversifie et ne vend plus que du textile, mais se spécialise aussi, en joaillerie en créant « Tati Or », en article de mariage (robes, accessoires et décorations) en créant « Tati Mariage », voir même l’organisation des voyages à bas prix en créant « Tati voyage » mais aussi Tati Optic et Tati Phone. Sans oublier la collection de prêt-à-porter, « la rue est à nous » créée en collaboration avec Azzedine Alaïa qui a été délaissée au bout de deux ans.

Vers 1994, l’enseigne s’implante à l’étranger : en Europe, en Afrique du Sud, et part à la conquête des Etats-Unis en créant un magasin de robes de mariées sur la Cinquième Avenue à New York, qui forme 20 % du chiffre d’affaires de Tati.

Le commencement du déclin

Avec l’émergence de nouvelle enseigne comme le géant espagnol du textile Inditex essentiellement les marques Zara et Mango, ainsi que l’enseigne suédois H&M, qui ont conquis le marché du textile en France, Tati s’est trouvé délaissé pour des marques plus tendance.

Tati, a commencé sa descente vers l’enfer. En effet, en août 2003, la société Tati SA est en cessation de paiement s’est retrouvé à la vente au plus offrant. Reprise en 2004, par le groupe Eram, qui a relancé le développement de l’enseigne en se focalisant plus sur le prêt-à-porter. Ainsi que l’ouverture de plus d’une quinzaine de magasins en France, ainsi qu’en pays du Maghreb (Tunis, Casablanca et Alger), les bacs à fouille ont laissé place à une présentation en rayonnage pour être comme ses concurrents, dans la tendance.

Mais la situation un peu floue de l’enseigne entre mode, tendance et l’entrée de gamme Tati a perdu ses clientèles. Avec 140 magasins et près de 1754 salariés et plus de 60 millions d’euros de perte en 2016, l’enseigne depuis le 4 mai 2017 est en redressement judiciaire. En effet, le tribunal de commerce a désigné deux administrateurs judiciaires Laurent Le Guernevé et Philippe Jeannerot en charge de trouver les solutions idéales pour sauver le géant du textile français.

Quel avenir pour Tati

Le 29 mai prochain, le tribunal étudiera les offres de reprise proposées, et l’administrateur judiciaire Philippe Jeannerot, se prononcera sur la viabilité de chacune d’entre elles. D’ici là, les acheteurs seront incités à améliorer leur proposition, en élevant le nombre de salariés qui vont être gardés, mais aussi en augmentant le prix proposé.