L’esclavage moderne sous toutes ses formes

 

[…] Tout cela est fort bien connu depuis les années 1990.

Mais, bien que l’on reconnaisse, que ce mal prospère et s’amplifie au fil des années, les moyens mis au service des forces de répressions du travail clandestin dans des conditions d’esclavage restent très insuffisantes, au regard de la dispersion des établissements.

L’Office central de lutte contre le travail clandestin de la Préfecture de Police de Paris “compte une quinzaine de fonctionnaires, déclare son chef, lesquels ont démantelé en cinq ans 140 ateliers.

Il est certain qu’avec quinze fonctionnaires supplémentaires, nous en démantèlerions le double, parce que, nous disposons des informations nécessaires.”

Quant à la province, ce type de service n’existe même pas, dans toutes les grandes villes.

La situation est d’autant plus scandaleuse que les donneurs d’ordre, dénués de tout scrupule moral, qui passent leurs commandes dans ces ateliers, et prétendent hypocritement ignorer les conditions de travail, ne sont passibles d’aucune sanction.

 Esclavage domestique :

C’est incontestablement la forme d’esclavage la plus médiatisée et la mieux connue du grand public, alors qu’elle n’est que la partie émergée de L’Iceberg.

Cependant, il ne faudrait pas minimiser son importance.

En 2001, plus de 800 cas en huit ans, avaient été dénoncés par le Comité, contre l’esclavage moderne.

Tous ces cas, ont été révélés après que leurs victimes eurent réussi à porter plainte, mais, il est légitime de penser que beaucoup d’autres, n’ont jamais réussi à le faire et continuent à rester inconnus dans la clandestinité.

Les employeurs, originaires pour la plupart d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient, amènent ces domestiques, toujours très jeunes et majoritairement des filles, de leur pays…

Selon le Conseil de l’Europe, 20 % de ces “patrons” bénéficient d’une immunité diplomatique.

Insupportables pour notre sensibilité humaniste, les mêmes scènes se répètent : confiscations de papiers, coups et sévices à longueur de journée, très souvent des viols suivis d’avortement forcés, et, évidemment, aucun salaire.

Ces petits esclaves, dorment à même le sol dans un coin […].

Il s’agissait alors, d’une réalité consacrée et encouragée par la loi ou encore, par la tradition historique, et par conséquent, universellement acceptée comme une norme des sociétés.

On ne cachait pas son esclave, on l’exhibait avec ostentation pour mettre en scène son propre statut social.

Aujourd’hui, plus aucun pays du monde, ne tolère une telle législation, et l’esclavage, partout interdit, est devenu un délit.

On comprendra que l’on soit très souvent obligé de rester flou sur la définition et l’évaluation d’une pratique clandestine.

La journaliste française “Audrey Crespo-Mara”, pense que l’esclavage rampe aussi souterrainement, que le trafic de drogues.

Le développement de l’esclavage, bénéficie actuellement de plusieurs facteurs, ajoute cette journaliste.

“Actuellement, l’esclavage prend des formes extrêmement différentes selon les continents, qui, à l’exception des archipels océaniens, sont tous concernés.

On peut ainsi, répertorier les caractères majeurs de l’esclavage contemporain :

L’esclavage traditionnel, les mariages forcés, le servage pour dette, esclavage domestique, l’esclavage des enfants, esclavage sous contrat, et finalement, l’exploitation de la main-d’oeuvre dans des conditions de servitude extrême”, Audrey Crespo-Mara, journaliste-présentatrice française, diplômée de Sciences Po.